Partager l'article ! Des arts pour désarmer et consolider la paix au Burundi.: « La violence armée détruit vies et moyens de subsistance, alimente l’inséc ...
« La violence armée détruit vies et moyens de subsistance, alimente l’insécurité, la crainte et la terreur, et a un impact profondément néfaste sur le développement humain. Qu’il s’agisse de situation de conflit ou de criminalité, elle impose des coûts exorbitants aux Etats, aux communautés et aux individus ». Déclaration de Genève. www.genevadeclaration.org

Handicap International Belgique (HIB) et Mines Advisory Group (MAG) ont organisé à Bujumbura - Burundi une exposition d’œuvres d’arts réalisées à partir d’armes à feu. Du 2 au 27 Février, plusieurs activités ont été organisées au Centre Culturel Français de Bujumbura sous la coordination de Mademoiselle Estelle DULUC: exposition, cinémas, conférences, débats, concours de dessin,…L’objectif était de « désarmer les esprits » des populations, de ceux qui ont souffert pendant des années de guerre en leur montrant qu’une arme peut être belle quand elle n’est pas utilisée pour tuer.
Or « les armes a feu sont un produit conçu pour tuer, d’où elles devraient être sous des contrôles strictes. » Rebecca Peters, Directrice d’IANSA (International Network on small Arms).
Transformer des armes de guerre en œuvres d’art, le concept est génial. C’est le moins que l’on puisse dire. « Cela va susciter des questions, apporter une prise de conscience et insuffler un peu d’espoir pour des jours meilleurs » a déclaré Rosalie Colf, Coordonnatrice du Collectif d’Art MAONI qui a réalisé les œuvres d’arts.
L’ONG américaine MAG quant àelle œuvre dans la destruction d’armes légères en partenariat avec les gouvernements. L’ONG HIB « lutte pour que demain le monde fasse une place à la personne handicapée. Souvent cachées ou bien réduites à la mendicité, ces personnes oublient leur dignité. HIB depuis deux ans, a décide de donner de la visibilité aux personnes handicapées et de leur permettre de sortir de l’ombre» Caroline Duconseille, Country Director HIB au Burundi.
Les efforts de ces ONG et ceux de tant d’autres encore dans le monde sont chaque jour sabotés par les compagnies de fabrication d’armes. Lors du débat organisé le 12 Février 2010 au Centre Culturel Français de Bujumbura par HIB et MAG avec comme invités le président de la Commission Nationale de désarmement et de lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres ainsi qu’un représentant de l’ONG Search for Common Ground, les participants ont posés une question qui n’a pas trouvé de réponse : pourquoi créer des ONG humanitaires pour des problèmes nés de nos propres actions ?
Les africains ont la mauvaise habitude de tout mettre sur le dos du « blanc ». Il est vrai que toutes les grosses compagnies de fabrication d’armes sont occidentales et orientales. Les Etats-Unis, la Chine, la Russie, la France, le Japon, l’Allemagne,… viennent en tête de liste. Curieusement, la plupart d’ONG humanitaires est financées, quand elles ne sont pas crées, par ces mêmes pays. Ne parlons même pas de l’ONU, la muette. D’aucuns pensent qu’elle sait parler mais qu’elle préfère se taire tout simplement. Ces pays fabriquent des armes et en même temps donnent du travail et des salaires à leurs citoyens dans le monde pour « réparer » les dégâts causés par ces armes. Quel business ! Quelle ironie !
Mais revenons en Afrique. Depuis nos ancêtres, nous avons toujours connu des guerres et des conflits. Ils n’avaient pas besoin d’ONG à cette époque. Transformer des armes à feu en objets d’arts veut-il dire quelque chose aux yeux d’un Africain pour qui la première idée serait : « ce sont leurs armes » ! Un Africain ne sait toujours pas comment, ni pourquoi on fabrique des revolvers. Il s’étonne jusqu’aujourd’hui au 21ème siècle de voir qu’un petit morceau de métal lance d’un petit objet qu’on tient dans la main peut partir exploser dans la tête de quelqu’un à des kilomètres de là ! Une exposition d’armes blanches transformées en œuvres d’arts ne serait-elle pas plus efficace dans ce pays ou les tueries ont été faites plus par le couteau et la machette que par les armes à feu?

Des photographes gagnent leurs vies en photographiant les cadavres et les blessés de guerre en Afrique. Des cinéastes également. De qui se moque- t – on ? Du peuple africain ou des dirigeants africains qui achètent ces armes ?
Penser à un monde sans guerre parait utopique. Les Etats ont le plein droit de se procurer des armes pour se protéger. Mais les Etats africains en ont-ils besoin ? Pour se protéger contre qui ? Celle qui a été dite « la première guerre mondiale d’Afrique » a causé plus de 4 millions de morts au Congo et le business n’est pas fini, des congolais continuent de mourir sans savoir pourquoi. Lorsqu’on sait qu’aucun Etat africain ne pourrait avoir assez d’argent pour s’armer aussi lourdement que la Russie ou les Etats Unies. A quoi bon dépenser de l’argent qui servirait dans l’agriculture ou le social pour acheter quelques kalachnikovs ? Tout cela a l’heure ou le monde est devenu tout nucléaire. Pourquoi Kadhafi achète des obus a Sarkozy ? C’est David contre Goliath ! Que peut une roquette contre les Etats-Unis ?
Le réalisateur Sander Francken a projeté son film “dealing and wheeling in small arms” le 23 mars 2010 au centre Culturel français de Bujumbura. Ce film a été en grande partie tourné en RD CONGO. On apprend dans ce documentaire que la plupart d’armes ayant servis dans les guerres du Congo provenait des dépôts d’armes utilisées dans les guerres de Bosnie et d’Ukraine. Ces armes entraient en Afrique par l’Uganda et le Kenya et se retrouvaient entre les mains des rebelles au Congo un peu plus tard. 800 mille kalachnikovs stockées en Bosnie ont traversées la douane en mars 2004 par l’OTAN et la SFOR pour le compte des Américains à Sarajevo. Elles ont pris le train jusqu'à l’aéroport et après … destination inconnue. Certains pensent qu’elles ont pris la direction de l’Irak, d’autres pensent plutôt qu’elles ont été envoyées en Afrique. Il n’existe aucune législation internationale sur le commerce d’armes de petits calibres. Les législations nationales étant trop faibles pour se dresser contre ces puissants trafiquants. Sander Francken a montré exprès des femmes occupées à tailler leurs ongles, des hommes somnolant,… lors d’une Assemblée Générale des Nations Unies sur la question d’armes légères dans le monde. Evidemment, la question est gênante pour certains gouvernements occidentaux, quant on sait que l’Union Européenne gagne 800 millions d’Euros par an dans l’exportation d’armes, que les Etats-Unis en gagnent 500 millions par an, la Chine et bien d’autres encore. Peu leur importe si ces armes causent 300 milles décès chaque année dans les pays pauvres essentiellement, sans compter les blessés condamnés tout le reste de leurs vies, qui à une chaise roulante, qui à des béquilles et cela pour ceux qui ont les moyens de s’en payer. Un Congolais d’Ituri qui témoigne dans le film raconte comment les armes étaient larguées dans les champs à partir d’hélicoptères qui ne se donnaient même pas la peine d’atterrir. Ces miliciens avouent ne même pas savoir d’où venaient ces armes. Ils disent juste avoir appris que ces hélicoptères venaient de Kigali. Ce film a curieusement été financé par l’Union Européenne. La même question se repose : de qui se moque-t-on ?
Le peuple africain veut se développer et cesser d’enterrer des morts sans raison.
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