Mercredi 10 mars 2010
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L'avocat d'Agathe Habyarimana, Me Philippe Meilhac, a estimé qu'"on ne peut pas ne pas faire le lien" entre l'arrestation mardi de la veuve du président rwandais assassiné en 1994 et la visite de
réconciliation du président français à Kigali cinq jours auparavant. "On ne peut pas ne pas faire le lien. La demande d'extradition de Kigali date de novembre et a été à l'évidence réactivée au
retour" de Nicolas Sarkozy du Rwanda, a déclaré l'avocat à l'AFP. Nicolas Sarkozy s'est rendu jeudi à Kigali. Cette visite, la première d'un président français au Rwanda depuis le génocide, a
scellé la réconciliation entre les deux pays après trois ans de rupture des relations diplomatiques. "Mme Habyarimana ne va pas consentir à être extradée", a affirmé Me Meilhac, confiant que sa
cliente âgée de 68 ans "s'attendait à un moment ou à un autre à devoir répondre aux graves accusations dont elle fait l'objet".
"Si elle doit être entendue, elle souhaite s'exprimer devant une juridiction française ou internationale, mais elle considère que les juridictions pénales rwandaises ne sont pas suffisamment
indépendantes et impartiales". Accusée par Kigali d'avoir participé à la préparation du génocide qui fit selon l'ONU 800.000 morts, essentiellement tutsis, Agathe Habyarimana est visée par une
enquête ouverte à Paris en 2008 à la suite d'une plainte d'un collectif de victimes pour complicité de génocide et de crime contre l'humanité. Elle n'a à ce stade pas été entendue par les juges
d'instruction chargées du dossier, Fabienne Pous et Michèle Ganascia. "Elle demande à s'expliquer", a plaidé l'avocat, qui a demandé à deux reprises son audition. Agathe Habyarimana est également
partie à une autre procédure instruite en France, cette fois comme partie civile. Il s'agit de l'enquête sur l'attentat contre l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, son mari, le 6
avril 1994 et qui est considéré comme le signal déclencheur des massacres.
L'émission de neuf mandats d'arrêt internationaux par le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière en novembre 2006 contre des proches du président rwandais Paul Kagame avait conduit Kigali à
rompre les relations diplomatiques avec Paris.
Par pointIMAGAFRIKA -
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Publié dans : Actualité Afrique
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